Merci pour toutes les réponses au billet les lignes des montagnes. Malgré tout, l'expression 嶙峋 me reste quelque peu mystérieuse. Dans un dictionnaire japonais des expressions chinoises je trouve une autre définition : "des flancs escarpés de montagnes ; des gradins elévés et escarpés".

Ryôkan utilise l'expression dans un autre de ses poèmes intitulé 答書簡 "En réponse à une lettre". Dans celui-ci, il semble bien que le terme ne peut avoir que le sens de "pente (raide)".

答書簡
此去煙村路非遠
雨雪終朝空吟呻
靜夜論文如昨日
風雪回首已兩旬
含翰可臨瘞鶴帖
擁膝頻歎老朽身
豫期苔逕氷消日
冷然飛錫下嶙峋

En réponse à une lettre
D’ici, le brouillard s’éloigne vers le village, le chemin n’est pas long
Il pleut et il neige toute la matinée pourtant, ma plainte est vaine
La nuit fut calme, comme hier j’étais plongé dans la littérature
Il vente et il neige, je me souviens que vingt jours ont passé
Le pinceau en bouche, je puis me pencher sur mon cahier de La grue enterrée
Je peine sur le poème, soupire souvent, vieux corps décrépit
J’attends les jours où la glace fond sur les sentes moussues
Où le cœur léger, le bâton en main, je descendrai les pentes des montagnes


Note : L'Inscription de la grue enterrée est une inscription chinoise sur pierre du 6e siècle dont le style calligraphique est célèbre.

Photographie : Gogôan, l'ermitage où vivait Ryôkan (DR).

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