Le Refuge du Plessis Version imprimable

Cher.e.s ami.e.s,

Voici la première annonce officielle de la fondation du REFUGE DU PLESSIS. Vous pouvez la partager.

Je / nous / avons acquis une propriété dans le sud du département de la Sarthe, près de la ville de Château-du-Loir, avec le souhait de créer un espace de vie fonctionnant selon les principes du dharma et de la transition écologique. Le lieu est magnifique avec une une faune et une flore importantes. La propriété est constituée de plusieurs bâtiments dont un ancien moulin et plus de deux hectares de bois, sous-bois et ruisseaux. Les besoins matériels et financiers sont assez importants et d’ici quelques jours nous allons proposer un financement participatif à tous ceux qui se reconnaîtront dans un projet où l’on protège la Terre et tous les êtres qui l’habitent. Ceux qui le souhaiteront pourront même devenir cofondateur du lieu en faisant un «apport associatif» (l’équivalent d’un apport en capital pour les associations). Nous réfléchissons actuellement aux différentes contreparties, mais nous devons tout d’abord créer une association dédiée. Si vous souhaitez recevoir le dossier complet de présentation dès qu’il sera finalisé, écrivez-moi à l’adresse eric [arobase] zen-occidental.net.

Depuis quelques jours, je vis quasiment à temps plein au REFUGE DU PLESSIS en suivant un emploi du temps simple : méditation le matin, méditation le soir, travail de réhabilitation des lieux, cuisine zen et étude du dharma pour le reste. Vous êtes les bienvenu.e.s si vous souhaitez me soutenir dans ma pratique. Je vous demanderai simplement de suivre cet emploi du temps et, si nous ne connaissons pas ou peu, de rester un maximum de deux nuits pour une première visite. Attention, pour les semaines à venir les conditions seront rustiques : pas de toilettes, pas de salle de bain, pas de chauffage, un seul point d’eau, et nous devrons dormir dans la même pièce. Les premiers travaux de réhabilitation entrepris par des artisans locaux s’étaleront entre novembre et janvier. Apportez un duvet chaud, des vêtements et des chaussures pour l’extérieur, des pantoufles pour l’intérieur. Privilégiez le covoiturage ou le train (la gare se trouve à 2 km, 2 heures de Paris).

Je reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire.

Les mains jointes, Jiun



Bruxelles 13 / 14 octobre 2018 Version imprimable

Cher.e.s ami.e.s,

Je serai à Bruxelles les 13 et 14 octobre 2018 pour animer deux journées, l"une de pratique zen, l'autre sur le bouddhisme engagé et le programme BASE (Bouddhisme Action Sociale et Engagement). Nous serons accueillis par l'Institut Nalanda, près du parc du Cinquantenaire.

Le samedi 13 octobre 2018, journée de méditation zen, de 9 h à 17 h 30 (arrivée à partir de 8 h 30). Participation financière en conscience. Il sera possible de prendre refuge à cette occasion. Institut Nalanda, rue de l'Orme 48, 1030 Bruxelles. Renseignements complémentaires : uzo.luxembourg [arobase] gmail.com

Télécharger le bulletin d'inscription de la journée de pratique zen avec tous les renseignements utiles.

Le dimanche 14 octobre 2018, une journée de pratique, Le bouddhisme engagé, une voie de changement, de 9 h 30 à 16 h 45 (arrivée à partir de 9 h). Participation financière en conscience. Institut Nalanda, rue de l'Orme 48, 1030 Bruxelles. Renseignements complémentaires : uzo.luxembourg [arobase] gmail.com

Télécharger le bulletin d'inscription de la journée avec tous les renseignements utiles.


Je suis heureux de vous voir ou de vous revoir à Bruxelles! Jiun

Le programme BASE Version imprimable


Cher.e.s ami.e.s,

Après la diffusion de l’émission Sagesses bouddhistes ce matin, j’ai reçu de très nombreux courriers électroniques. Beaucoup de personnes souhaitent intégrer un groupe BASE dans leur région, ce qui est merveilleux. Malheureusement, et vous le comprendrez aisément, Jocelyn Mayaud et moi-même (qui sommes les référents de ce programme), ne pouvons animer directement des groupes un peu partout en France.

Un groupe BASE est un groupe autogéré qui réunit des pratiquants du dharma. Au vu des expériences passées, il nous paraît essentiel et déterminant que chaque groupe ait son propre animateur (qu’il ait une réelle expérience du dharma et si possible également une expérience dans l’animation de groupe), mais aussi que l’animateur voire même les participants eux-mêmes aient une formation préalable adéquate. Un groupe BASE n’est pas simplement un lieu de partage ou d’apprentissage de l’action sociale, nous le vivons en effet comme la pratique d’une voie d’éveil. Tout au long du XXe siècle, le bouddhisme engagé s’est essentiellement pensé comme un bouddhisme politisé ou caritatif. Aujourd’hui, il entre dans une nouvelle dimension, où il se pense comme une voie de libération dotée de ses propres exercices et méthodes.

Si donc, vous aussi, vous êtes intéressé.e par ce programme, nous vous recommandons :

1) Tout d’abord, de lire l’ensemble des documents en ligne sur le site bouddhisme-action.net, particulièrement ceux qui sont disponibles sous l’onglet «Le programme BASE». Ils sont nombreux.
2) d’en parler autour de vous et de voir si d’autres personnes seraient intéressées. Idéalement, un groupe se compose de 5 à 8 personnes.
3) de participer à l’atelier le samedi 23 juin 2018 à Paris pour mieux comprendre l’esprit et les pratiques de ce programme. Renseignements (cliquez).
4) Pour toutes celles et toux ceux qui souhaitent se lancer dans l’expérience, de participer aux deux jours de formation à l’animation des groupes BASE qui auront lieu à Paris les 8 et 9 septembre 2018. Renseignements (cliquez). Si vous souhaitez participer à cette formation et que nous ne nous connaissons pas, envoyez-nous une lettre de motivation précisant votre i tinéraire dans le dharma.

Vous pouvez également organiser une journée d’information et de pratique autour de ce programme. À l’automne dernier je m’étais rendu dans plusieurs villes pour animer ce genre de journée. Ce fut un réel bonheur de ressentir l’intérêt d’hommes et de femmes pour le changement et la transition. Je serai ravi de renouveler l’expérience. A noter qu’il y aura une journée à Bruxelles, le 13 octobre 2018. Renseignements à venir.

A noter également que des groupes sont susceptibles de voir le jour en région PACA ou dans le Nord de la France.

Je reste à votre disposition pour répondre à toutes vos demandes d’éclaircissement.

Les mains jointes, Jiun (Éric Rommeluère)

Dans la poche Version imprimable

Mon dernier livre, S’asseoir tout simplement. L’art de la méditation zen reparaît aujourd’hui en édition de poche (dans la collection Points Sagesses aux Éditions du Seuil au prix public de 7 € 30). Dans toutes les (bonnes) librairies de France et du Maine!

L’occasion de relire la postface. Les poètes disaient «l’envoi».

«On néglige trop souvent le rôle de l’éditeur. Depuis le milieu des années 1970, avec la création de la collection «Points Sagesses» notamment, Les Éditions du Seuil se sont imposées comme l’un des acteurs de la diffusion du dharma dans les pays francophones. Elles ont osé et osent toujours la publication non d’ouvrages sur le bouddhisme, mais de livres qui expriment toute la puissance et la beauté du dharma. Quel chercheur de vérité n’a pas dans sa bibliothèque Pratique de la voie tibétaine de Chögyam Trungpa ou bien Esprit zen, esprit neuf de Shunryû Suzuki ? Sans cet engagement indéfectible depuis une quarantaine d’années, le paysage du bouddhisme francophone serait sûrement bien différent aujourd’hui.

L’auteur et l’éditeur sont au service d’une même promesse, le livre doit pouvoir changer le destin de ses lecteurs. Malgré le poids grandissant de la culture du profit, les Éditions du Seuil résistent aux facilités mercantiles et gardent cette précieuse ambition au cœur de leurs engagements. Celle-ci réclame un travail souterrain, invisible, parfois ingrat mais toujours exaltant. Au fil des années, Elsa Rosenberger, éditrice aux Éditions du Seuil, m’a longuement soutenu et encouragé, lisant, biffant, corrigeant notes et manuscrits. Qu’elle soit remerciée ainsi que tous ceux que l’on oublie trop souvent, assistants, préparateurs, correcteurs, graphistes et attachés de presse. Car l’éditeur n’est pas une abstraction, ce sont des hommes, ce sont des femmes qui œuvrent à ce qu’un livre soit autre chose que de simples pages imprimées.»

Le soja est-il dangereux pour la santé ? Version imprimable

Je m’engage moi aussi pour une alimentation respectueuse de la Terre, des animaux, du corps, mais aussi des consciences. Je ne consomme aucun produit d’origine animale, mais plutôt des légumineuses, sources de protéines végétales, notamment le soja. Curieux, j’ai donc regardé le documentaire de Julie Lotz, Soja, la grande invasion, diffusé sur France 5 le 25 février dernier.

La longue interview du professeur Catherine Bennetau-Pellisero (Université de Bordeaux, Inserm) interpelle nécessairement le végane que je suis. À l’écouter, je m’empoisonnerais chaque jour. Le soja contient en effet des isoflavones, des molécules naturelles du groupe des phyto-oestrogènes qui modulent l’action des oestrogènes. D’emblée, elle présente les isoflavones comme des «perturbateurs endocriniens», un terme qui ne fait pas l’objet d’une définition unanime mais qui désigne généralement des substances aux effets extrêmement nocifs pour l’organisme (provoquant des cancers) ou pour les descendants. Surtout, le terme est chargé d’un effet émotionnel puissant. Catherine Bennetau-Pellisero ne mentionne aucun impact positif de l’intégration du soja dans l’alimentation humaine, elle souligne simplement deux effets négatifs, l’un sur le cycle menstruel, l’autre sur la qualité du sperme.

La journaliste mène une expérience auprès de huit femmes, à l’invitation de la chercheuse, précise-t-elle. Elles boivent toutes 1 litre de lait de soja une semaine avant la date attendue de leurs règles, rien d’autre. Quatre d’entre elles notent des troubles ou des modifications du cycle. Le téléspectateur ne peut savoir si l’expérience est menée dans un cadre valide du point de vue scientifique. Apparemment oui, puisque le professeur en accepte les résultats et les commente. Les troubles s’expliqueraient par une brusque «surcharge d’oestrogènes».

Je dois consommer un ou deux pains de tofu fabriqué par un artisan japonais (250 g chacun) et un ou deux litres de lait de soja par semaine. M’empoisonnerais-je ? Le sujet vaut donc qu’on s’y attarde. Et en effet, l’action complexe et diversifiée des isoflavones reste toujours discutée dans la communauté scientifique internationale. Nul ne conteste des effets qui vaut parfois au soja d’être considéré comme un alicament (un aliment actif sur la santé). Mais pour les uns, les phyto-oestrogènes du soja seraient des régulateurs hormonaux aux effets bénéfiques, alors que pour d’autres, ils seraient des perturbateurs endocriniens aux effets délétères. Le lobbying des industriels accentue l’opposition et les débats où se mêlent scientifiques et acteurs des filières agricoles sont loin d’être toujours neutres et dépassionnés.

Dans ce contexte, le rapport, déjà ancien, de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) intitulé Sécurité et bénéfices des phyto-estrogènes apportés par l’alimentation - Recommandations (mars 2005, en ligne) se montrait prudent et recommandait de ne pas dépasser, pour un adulte, un taux de 1 mg par kilo de poids corporel par jour. La teneur en phyto-oestrogènes des produits dérivés du soja est extrêmement variable et dépend notamment de la variété et des conditions de culture du soja lui-même. Selon ce même rapport de l’AFFSA : «on estime que un verre de tonyu [lait de soja] (150 ml) apporte entre 0,30 et 33 mg/j d’isoflavones (en moyenne environ 10 mg), et 1 dessert au soja (portion de 125 g), entre 8 et 76 mg d’isoflavones (en moyenne environ 44 mg/j).» (p. 67)

En France, le professeur Catherine Bennetau-Pellisero s’est notamment spécialisée dans la recherche sur les phyto-oestrogènes et a participé à l’élaboration de ce rapport. Elle est régulièrement critiquée pour ses liens supposés ou réels avec l’industrie laitière (elle aurait été membre de l’Institut Danone). Le discours oral et la vulgarisation supposent toujours des raccourcis. Je me suis donc plongé dans ses publications assez nombreuses. Elles sont relativement équilibrées comme tous les articles publiés dans les revues scientifiques. Elle y détaille les bénéfices et les risques de la consommation du soja, aux effets très variables, et aux évaluations complexes, même si effectivement, elle se montre explicitement ou implicitement réservée sur la consommation de soja.

Dans son article «Phyto-oestrogènes et santé: Bénéfices et inconvénients» (Lettre scientifique de l’Institut Français pour la Nutrition, n°143, avril 2010, en ligne), elle plaide pour une alimentation diversifiée qui l’intègrerait de façon modérée : «Un peu tous les jours est bon pour la santé» (p. 11). Seules restrictions : il devrait cependant être exclu de l’alimentation des nourrissons avant la diversification alimentaire et des femmes ménopausées n’ayant jamais pris de soja de façon modérée et régulière et présentant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein ou étant traitées pour un cancer du sein.

Un article plus récent de 2016, «Risks and benefits of phytoestrogens: Where are we now ?» («Risques et bénéfices des phytoestrogènes. Où en sommes-nous maintenant ?», Current Opinion in Clinical Nutrition and Metabolic Care, 19(6), 2016, en ligne), est encore assez mesuré. Catherine Bennetau-Pellisero n’alerte que sur les valeurs élevées d’isoflavones présentes dans les produits industriels transformés dérivés du soja susceptibles d’interférer dans le métabolisme, et plaide en faveur de la consommation de formes traditionnelles asiatiques, tofu, miso et autres, qui ne présentent pas les mêmes taux, voire de développer de nouveaux procédés de fabrications, les méthodes industrielles actuelles n’utilisent pas effet les modes ancestraux de trempage et de cuisson qui éliminent une grande partie des isoflavones : «Several studies have shown either the beneficial or adverse effects of soy isoflavones. To counter the adverse effects of isoflavones, it would seem reasonable to return to traditional Asian exposure levels, while using food-supplements to favor the positive health effects of isoflavones.» («Plusieurs études ont montré soit des effets positifs soit des effets négatifs aux isoflavones du soja. Pour atténuer les effets indésirables, il semblerait raisonnable de revenir aux anciens niveaux d’exposition asiatiques tout en consommant des compléments alimentaires afin de favoriser les effets positifs sur la santé des isoflavones.», p. 481 [Ma traduction]). Le résumé en tête de l’article étonne cependant... car il ne le résume en rien. Il tient en une phrase choc : «Phytoestrogens should be considered as modern endocrine disruptors and studied as such.» («Les phyotoestrogènes doivent êtres considérés comme de nouveaux perturbateurs endocriniens et étudiés en tant que tels.» [Ma traduction]).

La phrase se retrouve presque mot pour mot dans la conclusion d’un autre article de 2016 qu’elle cosigne sur la même thématique, «Removing isoflavones from modern soyfood: Why and how?» («L’élimination des isoflavones dans les nouveaux aliments à base de soja : Pourquoi et comment ?» Food chemistry, Volume 210, 2016, en ligne) : «Soy isoflavones are the most potent and prevalent xenoestrogens in the modern consumers’ environment. They can aggravate the thyroid status of hypothyroid patients. Equally, the current isoflavone exposure is most probably a recent one. Therefore, soybean should be considered as a modern source of endocrine disruptors, and studied as such.» («Les isoflavones du soja sont les plus puissants et les plus courants des xénoestrogènes dans l’environnement des consommateurs d’aujourd’hui. Ils peuvent aggraver l’état de la fonction thyroïdienne en cas d’hypothyroïdie. De même, l’exposition actuelle aux isoflavones est vraisemblablement récente. Dès lors, le haricot de soja doit être considéré comme une source nouvelle de perturbateurs endocriniens et étudié en tant que tel.» [Ma traduction]). Et pourtant, là encore, le ton alarmiste ne reflète pas vraiment le contenu de l’article.

Ces formulations ont attiré l’attention d’autres chercheurs auxquels Catherine Bennetau-Pellisero a répondu dans un nouvel article publié en 2017, «Positive or negative effects of isoflavones: Toward the end of a controversy» («Les effets positifs ou négatifs des isoflavones. Vers la fin de la controverse», Food Chemistry, Volume 225, 2017, en ligne, accès payant), un article dense où elle reprend l’ensemble des études existantes sur les effets supposés négatifs des isoflavones : sur le cancer du sein déclaré (toujours discutés), sur le cycle menstruel (trois études mentionnant un léger allongement du cycle ou des cas de saignements anormaux chez des femmes prenant la pilule contraceptive), sur le cancer de l’endomètre (non avérés), sur l’alimentation des nourrissons (toujours discutés, pas d’études probantes), sur la production de spermatozoïdes (non-corroborés), sur la fertilité (toujours discutés, pas d’études probantes), sur la thyroïde (les effets négatifs n’ont pu être mis en évidence que sur les cas d’hypothyroïdie). Contre toute attente, alors que les effets négatifs restent mineurs et/ou discutés, elle conclut néanmoins : «Modern industrial processes, rather than traditional recipes, tend to preserve isoflavones in legumes. Some isoflavones are potent estrogens, and can be useful in several human health issues. However, since environmental estrogens are also considered to be endocrine disruptors, isoflavones should be strictly reserved for specific applications, and removed as much as possible from the diet of the general population.» (p. 299, «À la différence des modes de fabrication traditionnels, les procédés industriels modernes, ont tendance à conserver les isoflavones dans les légumineuses. Certaines isoflavones sont des oestrogènes efficaces qui peuvent s’avérer utiles dans certaines problématiques de santé humaine. Mais comme les oestrogènes environnementaux sont également considérés comme des perturbateurs endocriniens, les isoflavones devraient être strictement limitées à des applications spécifiques et écartées autant que possible du régime alimentaire du grand public.» [Ma traduction]).

Pour revenir au documentaire lui-même, la chercheuse fait état de perturbations sur le cycle menstruel et d’une diminution de la qualité du sperme, pourtant cet article de 2017 ne relève dans les études internationales que peu d’effets sur le cycle sinon un léger allongement ; de son propre aveu, les études actuelles sur l’influence des isoflavones sur une possible diminution du nombre de spermatozoïdes ou sur la fertilité ne sont pas probantes (p. 294). Il resterait donc à discuter l’expérience menée par la journaliste auprès de ces huit femmes.

Que retenir au final de la lecture des articles scientifiques de Catherine Bennetau-Pellisero : Ses conclusions ou sa récente interview dans le documentaire Soja, la grande invasion sont en décalage avec ses propres travaux ; oui, il existe des effets négatifs et positifs aux isoflavones du soja, les uns supposés, les autres réels, qui font toujours l’objet de discussions ; définir des teneurs acceptables est un débat très délicat ; il vaut mieux consommer des produits fabriqués selon des procédés naturels, le tofu, le miso, etc., qui éliminent une grande partie des isoflavones et éviter les produits industriels à base de soja. Ses conclusions alarmistes ou ses recommandations sur les produits industriels sont peut être dictées par ses liens avec l’industrie laitière, mais honnêtement quelqu’un qui cherche à être respectueux de la Terre, des animaux, du corps et des consciences, a-t-il réellement envie de consommer au long cours des produits qui intègrent aussi une multitude de conservateurs et d’exhausteurs de goût, le tout sous emballage plastique ?

Je dois consommer chaque semaine un ou deux pains de tofu et un ou deux litres de lait de soja, disais-je. Selon les données de Catherine Bennetau-Pellisero («Risks and benefits of phytoestrogens: Where are we now ?», p. 479), même à deux pains et à deux litres, je consommerais en moyenne 0,59 mg par kg de poids corporels et par jour, une valeur en-deçà de la limite de 1 mg recommandée par l’AFSSA en 2005. Il est vrai que les isoflavones sont contenues dans de nombreux aliments, les légumineuses en premier, et que les taux semblent très variables pour un même produit. Cette valeur estimée ne reflète sans doute pas la réalité. Depuis quelques semaines, j’ai décidé de faire moi-même mon propre tofu et mon lait de soja avec des haricots de soja bio, mes taux d’isoflavones devraient donc chuter. Une question me taraude, devrais-je alors me supplémenter en isoflavones ?

Jiun

Le bouddhisme engagé aujourd'hui Version imprimable

Ces derniers mois ont été forts riches en rencontres et en projets initiés, à Lyon, à La Rochelle, à Paris, à Nantes, à Strasbourg et dans d’autres lieux. Beaucoup de personnes aspirent au changement, se soutiennent et œuvrent ensemble.

Toutes ces rencontres, toutes ces attentions partagées m’ont aussi permis de clarifier des questionnements et la signification du bouddhisme engagé lui-même. Si le bouddhisme engagé, en tant que mouvement, a d’abord été une conscience politique puis une pratique sociale et caritative, il entre en effet aujourd’hui dans une nouvelle phase de son développement. Il ne se pense plus comme un simple bouddhisme appliqué (des engagements citoyens ou l’exercice de vertus dans le champ des relations humaines, sociales ou professionnelles) mais comme une voie de libération à part entière, dotée de ses propres pratiques de changement.

Depuis 2013, nous explorons cette voie et ces pratiques novatrices à travers le développement du programme BASE (Bouddhisme, Action Sociale et Engagement). Plus les années passent, plus nous sommes convaincus de sa pertinence pour les temps actuels. Les années 2017/2018 marquent une transition dans notre travail avec la mise en place de nouveaux groupes. J’ai récemment enregistré une émission consacrée au programme BASE pour Sagesses bouddhistes (France 2) qui devrait être diffusée prochainement et qui permettra sans doute d’atteindre d’autres personnes. Comme déjà plusieurs d’entre vous nous sollicitent pour mettre en place des groupes ou simplement témoignent de leur intérêt ou nous soutiennent, nous proposons deux rendez-vous dans les mois à venir :
- Un atelier à Paris le samedi 23 juin 2018 après-midi intitulé «Le bouddhisme engagé aujourd’hui». Cet atelier permettra de faire un tour d’horizon du développement du bouddhisme engagé en France et d’offrir un retour sur les diverses expériences du programme BASE menées depuis 2013.
 Informations et inscription (clic).

- Deux jours de formation à l’animation des groupes BASE les 8 et 9 septembre 2018. Avec le développement des groupes, il nous semble utile de proposer une formation pratique qui permette notamment d’en comprendre les enjeux et d’intégrer les pratiques proposées. La formation est actuellement prévue au Mans (dans la Sarthe), mais s’il y avait beaucoup d’inscrits, nous serions susceptibles de déplacer cette formation, par exemple à Paris. Si vous êtes intéressé(e), inscrivez-vous dès aujourd’hui. 
Informations et inscription (clic).

De nouvelles occasions de se voir ou se revoir, et d’avancer ensemble dans le chemin de la transformation. Je vous remercie de votre lecture et de votre attention.


Jiun (Éric Rommeluère)

Prochains ateliers, prochaines retraites Version imprimable

À noter sur vos agenda, les prochains ateliers, les prochaines retraites que j'animerai ou que je co-animerai :

Le zen et l'art de cuisiner, un atelier-conférence le dimanche 22 avril 2018 à Paris. Lieu et horaires : Atelier Papillon, 80 rue Philippe de Girard 75018 Paris, de 14 h 30 à 17 h 30.  >>>
Renseignements et inscription.

Une retraite résidentielle de pratique et d'étude du zen à Rivière, près de Namur (Belgique) du vendredi 15 au dimanche 17 juin 2018. >>> Renseignements, programme et inscription.


Le bouddhisme engagé aujourd'hui, un atelier-conférence le samedi 23 juin 2018 à Paris. Cet atelier permettra de faire un tour d'horizon du développement du bouddhisme engagé en France et d'offrir un retour sur les diverses expériences du programme BASE menées depuis 2013. Lieu et horaires : Atelier Papillon, 80 rue Philippe de Girard 75018 Paris, de 14 h à 18 h. >>> Renseignements et inscription.


La grande retraite d’été du dimanche 8 au dimanche 15 juillet 2018. Sept jours pleins de pratique du zen. La retraite se déroulera cette année en Seine-et-Marne, tout près de Melun. >>> Renseignements, programme et inscription.


• L'animation des groupes BASE, les 8 et 9 septembre 2018 au Mans (Sarthe). Depuis 2013, plusieurs groupes BASE (Bouddhisme, Action Sociale et Engagement) ont vu le jour en France. Pendant une durée limitée, généralement six mois, les participants expérimentent et approfondissent ensemble l'engagement social dans une perspective bouddhiste. Cette formation pratique à l'animation des groupes BASE permettra notamment d'en comprendre les enjeux et d'intégrer les pratiques proposées. >>> Renseignements et inscription.

Cookies zen Version imprimable

Plusieurs d'entre vous m’ont demandé ma recette de cookies zen, la voici. Elle est fort simple.


Pour une dizaine de cookies :

- 90 g de farine de blé (T65) ;

- 30 g de farine de soja grillé ;

- 2 cuillères à soupe de sucre ;

- 2 cuillères à soupe d’huile de tournesol ;

- 60 ml de lait de soja.


Préchauffez le four à 170°C (chaleur tournante). Dans un saladier, tamisez la farine de blé et la farine de soja. Ajoutez le sucre et mélangez les ingrédients secs. Incorporez ensuite l’huile et le lait de soja. Pétrissez rapidement pour obtenir une pâte homogène. Façonnez des petites boulettes que vous aplatissez avec le creux de la main. Disposez-les au fur et à mesure sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé. Faites cuire à 170° C une quinzaine de minutes. C’est tout!


Pour faire vous-même de la farine de soja, il vous suffit de torréfier des haricots de soja en les faisant griller à feu doux dans une poêle pendant une quinzaine de minutes. Vous les laissez refroidir à température ambiante puis vous les passez au moulin pour obtenir une poudre très fine.

La recette est fort simple, donc. Elle représente pourtant un véritable défi si vous voulez cuisiner de façon responsable. Je me fixe comme principe d’utiliser des ingrédients produits en France selon les normes de l’agriculture biologique. Et très innocemment, je me disais que l’on pouvait trouver facilement du soja bio qui pousse en France! Il suffisait d'aller, par exemple, dans un magasin du réseau Fenouil, la biocoop du Mans, puisqu’on y trouve tout. Et bien non! En plus, je m’étais fixé deux critères supplémentaires : trouver des haricots à haute teneur en protéines et vendus dans un emballage biodégradable. Je souhaite en effet produire mon propre tofu, et puis le Fenouil m’a habitué à acheter les aliments en vrac, et c’est bien. Un bon tofu à la texture agréable requiert des haricots qui affichent un minimum de 42-45 g de protéines pour 100 g de soja. Et là, la recherche tient de la quête du Graal! Dans les circuits ou les enseignes bio accessibles au grand public (du moins à Paris ou en Sarthe, dans le beau pays que j’habite) vous n’en trouvez pas du tout (c’est le cas des magasins du réseau Fenouil) ou bien vous ne trouvez que des haricots de soja venus tout droit de Chine, vendus sous plastique et qui affichent une valeur basse en protéines. Jusqu'à présent, je n'avais trouvé que du soja bio de Touraine vendu par M. Hirai à Tours, mais la teneur est basse en protéines. Parfait pour la farine, mais non adéquat pour le tofu.

J’ai discuté cette semaine avec quelques producteurs bio car je ne comprenais pas. En fait, personne ne s’est lancé dans une production destinée à la vente au grand public, il n’y a tout simplement pas de marché, trop peu de gens consomment des haricots de soja en France. En plus, il semble difficile de produire facilement sous nos latitudes des variétés à très haute valeur protéinée. J’ai trouvé un sympathique producteur bio disposé à me vendre quelques kilos de la variété Hertza pzo (42-43 g de protéines pour 100 g de soja) qu’il cultive. Mais je dois aller à la ferme. 


Bon, je ne désespère pas. Si vous connaissez des lieux où l’on peut acheter des haricots de soja bio, français, d’une variété à haute valeur en protéines, n’hésitez pas à me signaler. Le Graal existe peut-être, après tout!

Zuiôji Version imprimable

En 1988, je fis ma première retraite de méditation au Japon au monastère zen de Zuiôji qui se trouve dans l’île de Shikoku. Je me souviendrais toujours du premier repas servi dans la retraite. Au menu : juste du riz et des pommes de terre cuites à l’eau. Sans doute que le cuisinier n’avait rien d’autre ce jour-là. C’était horrible, les moines japonais mangent très vite et à peine avais-je commencé qu’ils avaient déjà fini leur bol. J’avais eu droit à une grande plâtrée et plus je mâchais, moins j’arrivais à ingurgiter. En attendant que je termine de manger, les moines s’étaient mis à méditer, mais je sentais bien qu’ils souriaient tous du coin de l’œil. Ah, ces étrangers, se disaient-ils sûrement!

Quelques temps après, je fis ma seconde retraite de méditation au Japon au monastère pour femmes de Nagoya. Je me souviendrais toujours du premier repas qui ressemblait plus à une dégustation gastronomique qu’à un repas zen tel qu’on l’imagine, plutôt frugal. On mangeait dans la salle de méditation de façon traditionnelle, assis les jambes croisées sur de longues estrades, mais les plats défilaient, tous plus raffinés les uns que les autres.

La pratique du dharma va à rebours de tous nos fonctionnements ordinaires, toujours dictés par nos désirs et nos préférences personnelles. L’étudiant de la voie pratique l’acceptation inconditionnelle. C’est succulent, parfait! C’est raté, parfait! Il n’y a que trois sortes d’ingrédients qu’il ne consomme pas : les compulsions, les frustrations, les illusions, tout ce qui se compose nos menus quotidiens, mais il le sait, le cuisinier lui a préparé bien d’autres choses.

Photographie : la salle de méditation du monastère de Zuiôji, reconnaissable entre toutes. C’est le seul temple au Japon où l’on suspend les bols à une baguette de bambou pour les faire sécher.


 

Dans une bouchée Version imprimable

La cuisine zen n’est pas une forme de diététique orientale comme peut l’être l’ancienne diététique chinoise ou la macrobiotique japonaise. On n’y parle ni de yin ni de yang, ni d’aliment chaud ni d’aliment froid. Certes, cette cuisine puise dans le fond chinois en combinant dans un même menu cinq couleurs, cinq saveurs et cinq modes de préparation, mais les cinq saveurs sont plutôt les saveurs réelles que les qualités dites acide, amère, sucrée, piquante ou salée des aliments dans la diététique chinoise (dans cette thérapeutique, la saveur des aliments ne se confond pas avec leur goût réel ; un aliment est dit acide, par exemple, par son influence sur tel organe).

La cuisine zen n’est même pas une forme d’alimentation, disons plutôt une pratique d’éveil. L’hôte et l’invité - le cuisinier et le pratiquant - développent, repas après repas, des qualités, l’un en préparant à manger, l’autre en mangeant. Leurs pratiques se rencontrent dès la première bouchée. La question n’est pas : est-elle bonne au goût, est-elle bonne pour la santé, mais est-elle bonne pour l’éveil ? Mieux, une bouchée suffit-elle pour s’éveiller ?

Les principes qui guident cette cuisine sont toujours dictés par le dharma, non par des considérations diététiques. Le cuisinier n’utilise pas de viande ni de poisson car il s’efforce de pratiquer l’amour et la compassion illimités. Bien sûr, il fera en sorte de ne pas donner d’aliment contaminés, que ce soit par des substances qui endommagent le corps ou par des états émotionnels négatifs (l’avidité, la haine et l’ignorance).

J’essaye de mettre en pratique ces principes, par exemple en ne choisissant pas les légumes que je prépare. Pourtant, j’ai bien choisi les producteurs, il s’agit de paysans sarthois qui s’efforcent de prendre soin de la Terre et qui ont choisi de se constituer en amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne). Je les connais, je les vois, je sais leurs peines et leurs joies, je sais leurs difficultés financières, je sais leur terre caillouteuse et difficile à cultiver. En mangeant de la sorte, je n’ingurgite au fond que leurs efforts infinis de me soutenir dans ma pratique. Chaque semaine, ils me donnent des légumes, parfois peu, parfois beaucoup, en fonction des aléas climatiques et des récoltes. S’il y a peu, je fais une soupe claire, s’il y a beaucoup, une soupe épaisse. Leur offrande est une invitation : Serais-je suffisamment inventif pour faire résonner ce souci du monde, peu importe le légume, qu’il soit abîmé ou non ?

Un simple menu de saison Version imprimable

De temps à autre, je propose des ateliers de cuisine zen. J’adapte les recettes traditionnelles des cuisiniers zen d’antan à nos produits et à nos légumes. Hier, nous avions une journée d’étude et de pratique sur le thème bouddhisme et végétarisme. Pour l’occasion, j’ai préparé un simple menu de saison.
- Un riz au millet ;
- une soupe de courge butternut cuite dans un bouillon d’algues ;
- des choux de Bruxelles mijotés ;
- des rouleaux d’épinards marinés ;
- une salade de mâche et de noix avec quelques betteraves saumurées et des petits navets rôtis au miso ;
- un blanc-manger à la lavande accompagné de son macaron.
100 % bio, 100 % végane, 100 % amour, 100 % zen! Mais au fond, n'est-ce pas la même chose ? Un grand merci aux participants.

Prendre soin du monde Version imprimable

J’étais à Lyon vendredi et samedi dernier pour la première étape d’une tournée consacrée aux pratiques d’éveil du bouddhisme engagé. Ces pratiques suscitent parfois une certaine gêne dans les auditoires bouddhistes. Deux arguments reviennent de façon récurrente qui, de mon point de vue, signent une difficulté à penser les métamorphoses nécessaires. Le premier : Prendre soin du monde (l’engagement) n’est pas une réponse appropriée, il suffirait de méditer pour que tous les changements adviennent. Le second : la pratique du dharma n’a rien à voir avec l’engagement.

L’argument de la méditation qui sauverait le monde a parfois les accents de la pensée magique ; en tout cas, il relève d’une incompréhension des mécanismes de la fabrication des violences actuelles. Cette incompréhension est naturelle. Dans sa fuite en avant, le système marchand secrète une violence destructive, mais en même temps il a besoin de produire les conditions d’ignorance des mécanismes en jeu et/ou de juguler les pensées alternatives. Je suis frappé comme nombre de personnes que je rencontre, plutôt des méditants d’ailleurs, témoignent de plus en plus spontanément d’une réelle souffrance au travail. Leur vie est saturée de souffrance. Ils peinent. Le système, lui, ne médite pas, pas plus que Monsanto ou d’autres entreprises qui endommagent la Terre et tous les êtres qui vivent. Dans leur vision totalitaire, la méditation est maintenant utilisée comme un nouvel outil de protection au service de la violence des systèmes. Ils disent : ce n’est pas nous le problème, c’est vous le problème, si vous étiez plus adaptatif, tout irait bien. Je le crois, nos réponses doivent être autrement lucides et engagées, tout en puisant dans la non-violence et la bienveillance. Bienveillance et engagement ne sont pas contradictoires, bien au contraire.

Le second argument mérite une réelle attention puisqu’il touche à la signification même du dharma. De nombreux bouddhistes envisagent les enseignements du Bouddha comme un système dogmatique, où ma souffrance s’expliquerait par mes réincarnations passées. Tout se passe dans ma tête et l’extériorité n’est que la manifestation de mes névroses intérieures. Effectivement, dans ce cas, un engagement dans mon environnement ne ferait pas beaucoup sens. À l’inverse, d'autres envisagent le dharma comme un dispositif de changement dont les principes directeurs sont l’amour et la compassion (alléger la souffrance et relever les causes de la souffrance) ; m’engageant dans le monde, je me métamorphose et il se métamorphose. Ces deux visions ont toujours coexisté dans le bouddhisme et son histoire est aussi le fruit de cette tension. Vous l’aviez compris, j’ai déjà fait mon choix.