Prendre soin du monde Version imprimable

J’étais à Lyon vendredi et samedi dernier pour la première étape d’une tournée consacrée aux pratiques d’éveil du bouddhisme engagé. Ces pratiques suscitent parfois une certaine gêne dans les auditoires bouddhistes. Deux arguments reviennent de façon récurrente qui, de mon point de vue, signent une difficulté à penser les métamorphoses nécessaires. Le premier : Prendre soin du monde (l’engagement) n’est pas une réponse appropriée, il suffirait de méditer pour que tous les changements adviennent. Le second : la pratique du dharma n’a rien à voir avec l’engagement.

L’argument de la méditation qui sauverait le monde a parfois les accents de la pensée magique ; en tout cas, il relève d’une incompréhension des mécanismes de la fabrication des violences actuelles. Cette incompréhension est naturelle. Dans sa fuite en avant, le système marchand secrète une violence destructive, mais en même temps il a besoin de produire les conditions d’ignorance des mécanismes en jeu et/ou de juguler les pensées alternatives. Je suis frappé comme nombre de personnes que je rencontre, plutôt des méditants d’ailleurs, témoignent de plus en plus spontanément d’une réelle souffrance au travail. Leur vie est saturée de souffrance. Ils peinent. Le système, lui, ne médite pas, pas plus que Monsanto ou d’autres entreprises qui endommagent la Terre et tous les êtres qui vivent. Dans leur vision totalitaire, la méditation est maintenant utilisée comme un nouvel outil de protection au service de la violence des systèmes. Ils disent : ce n’est pas nous le problème, c’est vous le problème, si vous étiez plus adaptatif, tout irait bien. Je le crois, nos réponses doivent être autrement lucides et engagées, tout en puisant dans la non-violence et la bienveillance. Bienveillance et engagement ne sont pas contradictoires, bien au contraire.

Le second argument mérite une réelle attention puisqu’il touche à la signification même du dharma. De nombreux bouddhistes envisagent les enseignements du Bouddha comme un système dogmatique, où ma souffrance s’expliquerait par mes réincarnations passées. Tout se passe dans ma tête et l’extériorité n’est que la manifestation de mes névroses intérieures. Effectivement, dans ce cas, un engagement dans mon environnement ne ferait pas beaucoup sens. À l’inverse, d'autres envisagent le dharma comme un dispositif de changement dont les principes directeurs sont l’amour et la compassion (alléger la souffrance et relever les causes de la souffrance) ; m’engageant dans le monde, je me métamorphose et il se métamorphose. Ces deux visions ont toujours coexisté dans le bouddhisme et son histoire est aussi le fruit de cette tension. Vous l’aviez compris, j’ai déjà fait mon choix.

Cuisiner, manger, s'éveiller Version imprimable

Pour les semaines à venir Version imprimable

Cher.e.s ami.e.s,

Je suis heureux de vous retrouver pour cette rentrée. Je prends mon bâton de pélerin.

Je visiterai plusieurs villes dans le cadre d'une tournée "Le bouddhisme engagé en France":

- À Lyon, le 6 octobre 2017 (conférence). Informations et inscription (clic).
- À Lyon, le 7 octobre 2017 (atelier). Informations et inscription (clic).
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À Nantes, le 15 octobre 2017 (atelier). Informations et inscription (clic).
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À Paris, le 22 octobre 2017 (atelier). Informations et inscription (clic).
- À La Rochelle, le 27 octobre 2017 (conférence). Informations et inscription (clic).
- À La Rochelle, le 28 octobre 2017 (atelier). Informations et inscription (clic).
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À Marseille, les 11 et 12 novembre 2017. Informations à venir.

Plusieurs personnes souhaitent mettre en place dans leur ville des programmes de formation à l'engagement social dans une perspective bouddhiste : à Lausanne, Lyon, Marseille, Nantes, Paris et Pau. Je suis à leur / à votre / disposition. Informations (clic).

J'animerai un atelier sur la justice restaurative à Paris le 17 septembre 2017. Informations et inscription (clic).

J'animerai un atelier de cuisine zen au Mans le 24 septembre 2017. Informations et inscription (clic).

J'animerai une journée de méditation à Paris le 8 octobre 2017. Informations et inscription (clic).
J'animerai une journée de méditation à Nantes le 14 octobre 2017. Informations et inscription (clic).

À très vite!

L'application de la justice restaurative en France Version imprimable

Cher.e.s ami.e.s,

Certains d’entre vous le savent, je suis membre de la Plateforme Française pour la Justice Restaurative créée en 2013 afin de promouvoir la justice restaurative en France. La Plateforme réunit des professionnels de justice, des aumôniers en milieu carcéral, des criminologues, des juristes, des spécialistes de l’aide aux victimes et des chercheurs.

Mon récent article
consacré à la circulaire ministérielle du 15 mars 2017 relative à la mise en œuvre de la justice restaurative est désormais en ligne sur le site de l'Institut Français pour la Justice Restaurative (cliquez sur le lien). Il a également été relayé par l'European Forum of Restorative Justice. L'article, qui analyse et discute la circulaire ministérielle, s’adresse plutôt à des personnes qui ont déjà une bonne connaissance des enjeux de la justice restaurative : les professionnels de justice (magistrats, conseillers pénitentiaires d'insertion et probation, etc.), les chercheurs et bien sûr les "restauratifs". 

Vous pouvez le
télécharger au format pdf.
Il peut être librement diffusé (licence Creative Commons). Toute remarque sera la bienvenue.


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8 avril 2017, une vidéo rétrospective Version imprimable

Le 8 avril 2017, la journée de pratique et de partage «Le bouddhisme en action» offerte à Paris marquait la naissance officielle du réseau BASE, un réseau informel de bouddhistes engagés, ainsi que la fondation de la communauté Les Mille Mains qui réunit en son sein des étudiants de la Voie du Bouddha qui œuvrent au quotidien à travers cinq engagements. Le 8 avril est au Japon le jour de la célébration de la naissance du Bouddha, le jour également des enfants et de la fête des fleurs.

Quatre-vingts personnes participaient à cette journée fondatrice qui s’est déroulée au Forum104, un espace de rencontre culturel et interspirituel au cœur de Paris. Plusieurs intervenants s’étaient également joints pour partager leurs expériences : le pasteur Brice Deymié, aumônier national des prisons pour la Fédération Protestante de France ainsi que Michel Dubois, enseignant dans la tradition zen, aumônier en milieu carcéral. La journée était co-animée par Jocelyn Mayaud et Éric Rommeluère, enseignant dans la tradition zen.

Dans cette vidéo, vous retrouverez quelques temps forts de cette journée avec des explications de Jocelyn Mayaud et d’Éric Rommeluère.

Plus d'informations : www.bouddhisme-action.net

Non! Version imprimable

Nous sommes les enfants du Bouddha. En ces temps d’élections présidentielles, il nous faut dire non, non à la haine et au mépris. Non au Front National.

La voie du Bouddha est fondée sur un triple mouvement, savoir dire non, savoir dire oui, savoir aimer. Tout commence par le plus fondamental des refus, nous ne voulons plus vivre dans la confusion. Mais dans le même temps que nous assumons ce non, nous affirmons un immense oui au changement. Ce oui nous guide, confiants, dans le chemin de la transformation, nous mettons tout en œuvre pour le changement. Le oui encore n’est serait plein et entier si ne soufflait le vent de l’amour et de la bienveillance. Les enfants du Bouddha appellent ce monde Shaba, «le monde d’Endurance», car tous les êtres qui y sont endurent les peines et les souffrances. Vivre en bouddhiste signifie répondre pleinement à ces souffrances, déployer l’amour et la bienveillance et trouver l’intelligence pour transformer les peines en joies.

Beaucoup de personnes se sentent abandonnées, trahies, et sont tentées par l’aventure lepèniste. D’autres sont emplies de désarroi car ils savent aussi que la politique libérale d’Emmanuel Macron ne répondra pas aux crises écologiques, économiques et sociaux. Ils sont, eux, tentés par l’abstention ou le vote blanc. Mais il faut bien commencer par le départ, autrement dit assumer ce Non au Front National pour éviter que le pire advienne dès demain matin.

La Terre, mise sous la coupe du Marché, s’endommage un peu plus chaque jour. Ce monde abrite des enfants aux yeux affamés, des vieillards qui tremblent et qui pleurent de fatigue, des animaux qui endurent, eux aussi, leurs peines. Quels que soient les résultats ce ce second tour, il nous faudra œuvrer, continuer ensemble à l’émergence d’une nouvelle société, rassembler encore et encore tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté qui ont fait du changement leur voie, sans violence, avec bienveillance. Jamais l’amertume, la colère ou l’invective ne devront nous guider. Soyez doux, soyez utile. Il n’y a pas d’autre recommandation.

Le bouddhisme n’est-il pas censé être apolitique ? Version imprimable

L'élection du très provocateur Donald Trump à la présidence des États-Unis suscite de nombreuses réactions dans les milieux bouddhistes américains. Quelle attitude adopter face à une politique ouvertement anti-féministe, anti-immigrants et qui fait la part belle aux climatosceptiques (entre autres) ?

Depuis plusieurs semaines, un article de Jiryu Rutschman-Byler est largement commenté. Il y appelle en effet la communauté bouddhiste américaine à "résister à Trump". Jiryu est un maître zen de la lignée de Shunryu Suzuki qui vit actuellement au centre zen de Green Gulch Farm en Californie. En décembre dernier, il publie un premier billet sur son blog personnel No Zen in the West. Après avoir reçu de nombreuses lettres et messages, il remanie son texte et le publie dans le magazine bouddhiste en ligne Lion's Roar début janvier. Avec l'aimable autorisation de Jiryu, nous publions cette version remaniée en français sur le site du réseau BASE :

L'article est ici : Le bouddhisme n’est-il pas censé être apolitique ? (cliquez).
Vous pouvez également commenter l'article.



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BASE, bouddhisme, action sociale et engagement Version imprimable


Le site du réseau BASE est en ligne! (cliquez sur le lien)

Il s'étoffera dans les semaines à venir. Plusieurs enseignants bouddhistes ainsi que des acteurs de la société civile ont accepté d'y écrire. Vous pouvez d'ores et déjà lire notamment :

La voie du bodhisattva sous l'ère Trump, le texte d'une conférence de David Loy donnée à Boulder dans le Colorado, peu après l'élection présidentielle américaine.

Pour des menus végétariens à l'école, une tribune de Matthieu Ricard.

Le réseau BASE (l'acronyme de Bouddhisme, Action Sociale et Engagement) est le prolongement naturel des actions de l’association
Un Zen Occidental qui promeut depuis une vingtaine d’années un bouddhisme engagé. Le réseau se distingue néanmoins de l’association car il n’a pas vocation à transmettre spécifiquement les enseignements de l'école zen. Il est ouvert à tous les étudiants de la voie du Bouddha quelle que soit leur tradition.

Son objectif premier est le développement du
programme BASE, un programme de formation à l'engagement social.

Le réseau BASE soutient toute initiative qui œuvre au changement social dans une perspective non-violente et intégrative. Les champs de réflexion et d'action sont multiples : l’alimentation, le handicap, la justice, etc.

Les prochains événements :

Le zen et l'art de cuisiner, une conférence-atelier à Paris XVIIIe, le 26 février après-midi. Un atelier proposé par le groupe BASE de Paris, ouvert à tous.

Le bouddhisme en action, le 8 avril 2017 au Forum 104 à Paris, une grande journée qui marquera la naissance officielle du réseau BASE. Programme détaillé à venir. Plusieurs enseignants bouddhistes seront invités à cette occasion.

Manger autrement, une journée-atelier à Paris, le 23 avril 2017,
proposé par le groupe BASE de Paris, ouvert à tous.

Vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire à chaque événement en ligne.

Jacques Breton Version imprimable

Le père Jacques Breton est décédé paisiblement ce dimanche 19 février. Il était l’un des principaux acteurs du dialogue bouddhistes-chrétiens en France.

Prêtre catholique, Jacques Breton a tout d’abord été membre d’une fraternité de carmes, puis ermite près de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, Dans les années 1970, il découvre le zen et suit une année durant les enseignements de Karlfried Graf Dürckheim en Allemagne. Il séjourne ensuite plusieurs mois dans un monastère zen de Tokyo dans le cadre des échanges spirituels organisés par le Vatican. En 1987, il ouvre la maison d’Accueil Assise à Saint-Gervais dans le Vexin qui sera pendant trente ans un lieu d’expériences et de rencontres. Il invite notamment chaque année le maître zen Genshô Hozumi rôshi à animer une retraite zen en France.

Jacques Breton est l’auteur de Vers la lumière. Expérience chrétienne et bouddhisme zen, Paris, Bayard, 1997.

Il sera enterré le samedi 25 février à 15 h en l'Abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire. Le cardinal André Vingt-Trois célébrera une messe en sa mémoire le jeudi 2 mars 2017 en l’église Saint-Germain-des-Prés à Paris en fin d’après-midi (17 h 30, heure à confirmer).