Prochains ateliers, prochaines retraites Version imprimable

À noter sur vos agenda, les prochains ateliers, les prochaines retraites que j'animerai ou que je co-animerai :

Le zen et l'art de cuisiner, un atelier-conférence le dimanche 22 avril 2018 à Paris. Lieu et horaires : Atelier Papillon, 80 rue Philippe de Girard 75018 Paris, de 14 h 30 à 17 h 30.  >>>
Renseignements et inscription.

Une retraite résidentielle de pratique et d'étude du zen à Rivière, près de Namur (Belgique) du vendredi 15 au dimanche 17 juin 2018. >>> Renseignements, programme et inscription.


Le bouddhisme engagé aujourd'hui, un atelier-conférence le samedi 23 juin 2018 à Paris. Cet atelier permettra de faire un tour d'horizon du développement du bouddhisme engagé en France et d'offrir un retour sur les diverses expériences du programme BASE menées depuis 2013. Lieu et horaires : Atelier Papillon, 80 rue Philippe de Girard 75018 Paris, de 14 h à 18 h. >>> Renseignements et inscription.


La grande retraite d’été du dimanche 8 au dimanche 15 juillet 2018. Sept jours pleins de pratique du zen. La retraite se déroulera cette année en Seine-et-Marne, tout près de Melun. >>> Renseignements, programme et inscription.


• L'animation des groupes BASE, les 8 et 9 septembre 2018 au Mans (Sarthe). Depuis 2013, plusieurs groupes BASE (Bouddhisme, Action Sociale et Engagement) ont vu le jour en France. Pendant une durée limitée, généralement six mois, les participants expérimentent et approfondissent ensemble l'engagement social dans une perspective bouddhiste. Cette formation pratique à l'animation des groupes BASE permettra notamment d'en comprendre les enjeux et d'intégrer les pratiques proposées. >>> Renseignements et inscription.

Cookies zen Version imprimable

Plusieurs d'entre vous m’ont demandé ma recette de cookies zen, la voici. Elle est fort simple.


Pour une dizaine de cookies :

- 90 g de farine de blé (T65) ;

- 30 g de farine de soja grillé ;

- 2 cuillères à soupe de sucre ;

- 2 cuillères à soupe d’huile de tournesol ;

- 60 ml de lait de soja.


Préchauffez le four à 170°C (chaleur tournante). Dans un saladier, tamisez la farine de blé et la farine de soja. Ajoutez le sucre et mélangez les ingrédients secs. Incorporez ensuite l’huile et le lait de soja. Pétrissez rapidement pour obtenir une pâte homogène. Façonnez des petites boulettes que vous aplatissez avec le creux de la main. Disposez-les au fur et à mesure sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé. Faites cuire à 170° C une quinzaine de minutes. C’est tout!


Pour faire vous-même de la farine de soja, il vous suffit de torréfier des haricots de soja en les faisant griller à feu doux dans une poêle pendant une quinzaine de minutes. Vous les laissez refroidir à température ambiante puis vous les passez au moulin pour obtenir une poudre très fine.

La recette est fort simple, donc. Elle représente pourtant un véritable défi si vous voulez cuisiner de façon responsable. Je me fixe comme principe d’utiliser des ingrédients produits en France selon les normes de l’agriculture biologique. Et très innocemment, je me disais que l’on pouvait trouver facilement du soja bio qui pousse en France! Il suffisait d'aller, par exemple, dans un magasin du réseau Fenouil, la biocoop du Mans, puisqu’on y trouve tout. Et bien non! En plus, je m’étais fixé deux critères supplémentaires : trouver des haricots à haute teneur en protéines et vendus dans un emballage biodégradable. Je souhaite en effet produire mon propre tofu, et puis le Fenouil m’a habitué à acheter les aliments en vrac, et c’est bien. Un bon tofu à la texture agréable requiert des haricots qui affichent un minimum de 42-45 g de protéines pour 100 g de soja. Et là, la recherche tient de la quête du Graal! Dans les circuits ou les enseignes bio accessibles au grand public (du moins à Paris ou en Sarthe, dans le beau pays que j’habite) vous n’en trouvez pas du tout (c’est le cas des magasins du réseau Fenouil) ou bien vous ne trouvez que des haricots de soja venus tout droit de Chine, vendus sous plastique et qui affichent une valeur basse en protéines. Jusqu'à présent, je n'avais trouvé que du soja bio de Touraine vendu par M. Hirai à Tours, mais la teneur est basse en protéines. Parfait pour la farine, mais non adéquat pour le tofu.

J’ai discuté cette semaine avec quelques producteurs bio car je ne comprenais pas. En fait, personne ne s’est lancé dans une production destinée à la vente au grand public, il n’y a tout simplement pas de marché, trop peu de gens consomment des haricots de soja en France. En plus, il semble difficile de produire facilement sous nos latitudes des variétés à très haute valeur protéinée. J’ai trouvé un sympathique producteur bio disposé à me vendre quelques kilos de la variété Hertza pzo (42-43 g de protéines pour 100 g de soja) qu’il cultive. Mais je dois aller à la ferme. 


Bon, je ne désespère pas. Si vous connaissez des lieux où l’on peut acheter des haricots de soja bio, français, d’une variété à haute valeur en protéines, n’hésitez pas à me signaler. Le Graal existe peut-être, après tout!

Zuiôji Version imprimable

En 1988, je fis ma première retraite de méditation au Japon au monastère zen de Zuiôji qui se trouve dans l’île de Shikoku. Je me souviendrais toujours du premier repas servi dans la retraite. Au menu : juste du riz et des pommes de terre cuites à l’eau. Sans doute que le cuisinier n’avait rien d’autre ce jour-là. C’était horrible, les moines japonais mangent très vite et à peine avais-je commencé qu’ils avaient déjà fini leur bol. J’avais eu droit à une grande plâtrée et plus je mâchais, moins j’arrivais à ingurgiter. En attendant que je termine de manger, les moines s’étaient mis à méditer, mais je sentais bien qu’ils souriaient tous du coin de l’œil. Ah, ces étrangers, se disaient-ils sûrement!

Quelques temps après, je fis ma seconde retraite de méditation au Japon au monastère pour femmes de Nagoya. Je me souviendrais toujours du premier repas qui ressemblait plus à une dégustation gastronomique qu’à un repas zen tel qu’on l’imagine, plutôt frugal. On mangeait dans la salle de méditation de façon traditionnelle, assis les jambes croisées sur de longues estrades, mais les plats défilaient, tous plus raffinés les uns que les autres.

La pratique du dharma va à rebours de tous nos fonctionnements ordinaires, toujours dictés par nos désirs et nos préférences personnelles. L’étudiant de la voie pratique l’acceptation inconditionnelle. C’est succulent, parfait! C’est raté, parfait! Il n’y a que trois sortes d’ingrédients qu’il ne consomme pas : les compulsions, les frustrations, les illusions, tout ce qui se compose nos menus quotidiens, mais il le sait, le cuisinier lui a préparé bien d’autres choses.

Photographie : la salle de méditation du monastère de Zuiôji, reconnaissable entre toutes. C’est le seul temple au Japon où l’on suspend les bols à une baguette de bambou pour les faire sécher.


 

Dans une bouchée Version imprimable

La cuisine zen n’est pas une forme de diététique orientale comme peut l’être l’ancienne diététique chinoise ou la macrobiotique japonaise. On n’y parle ni de yin ni de yang, ni d’aliment chaud ni d’aliment froid. Certes, cette cuisine puise dans le fond chinois en combinant dans un même menu cinq couleurs, cinq saveurs et cinq modes de préparation, mais les cinq saveurs sont plutôt les saveurs réelles que les qualités dites acide, amère, sucrée, piquante ou salée des aliments dans la diététique chinoise (dans cette thérapeutique, la saveur des aliments ne se confond pas avec leur goût réel ; un aliment est dit acide, par exemple, par son influence sur tel organe).

La cuisine zen n’est même pas une forme d’alimentation, disons plutôt une pratique d’éveil. L’hôte et l’invité - le cuisinier et le pratiquant - développent, repas après repas, des qualités, l’un en préparant à manger, l’autre en mangeant. Leurs pratiques se rencontrent dès la première bouchée. La question n’est pas : est-elle bonne au goût, est-elle bonne pour la santé, mais est-elle bonne pour l’éveil ? Mieux, une bouchée suffit-elle pour s’éveiller ?

Les principes qui guident cette cuisine sont toujours dictés par le dharma, non par des considérations diététiques. Le cuisinier n’utilise pas de viande ni de poisson car il s’efforce de pratiquer l’amour et la compassion illimités. Bien sûr, il fera en sorte de ne pas donner d’aliment contaminés, que ce soit par des substances qui endommagent le corps ou par des états émotionnels négatifs (l’avidité, la haine et l’ignorance).

J’essaye de mettre en pratique ces principes, par exemple en ne choisissant pas les légumes que je prépare. Pourtant, j’ai bien choisi les producteurs, il s’agit de paysans sarthois qui s’efforcent de prendre soin de la Terre et qui ont choisi de se constituer en amap (association pour le maintien de l’agriculture paysanne). Je les connais, je les vois, je sais leurs peines et leurs joies, je sais leurs difficultés financières, je sais leur terre caillouteuse et difficile à cultiver. En mangeant de la sorte, je n’ingurgite au fond que leurs efforts infinis de me soutenir dans ma pratique. Chaque semaine, ils me donnent des légumes, parfois peu, parfois beaucoup, en fonction des aléas climatiques et des récoltes. S’il y a peu, je fais une soupe claire, s’il y a beaucoup, une soupe épaisse. Leur offrande est une invitation : Serais-je suffisamment inventif pour faire résonner ce souci du monde, peu importe le légume, qu’il soit abîmé ou non ?

Un simple menu de saison Version imprimable

De temps à autre, je propose des ateliers de cuisine zen. J’adapte les recettes traditionnelles des cuisiniers zen d’antan à nos produits et à nos légumes. Hier, nous avions une journée d’étude et de pratique sur le thème bouddhisme et végétarisme. Pour l’occasion, j’ai préparé un simple menu de saison.
- Un riz au millet ;
- une soupe de courge butternut cuite dans un bouillon d’algues ;
- des choux de Bruxelles mijotés ;
- des rouleaux d’épinards marinés ;
- une salade de mâche et de noix avec quelques betteraves saumurées et des petits navets rôtis au miso ;
- un blanc-manger à la lavande accompagné de son macaron.
100 % bio, 100 % végane, 100 % amour, 100 % zen! Mais au fond, n'est-ce pas la même chose ? Un grand merci aux participants.

Prendre soin du monde Version imprimable

J’étais à Lyon vendredi et samedi dernier pour la première étape d’une tournée consacrée aux pratiques d’éveil du bouddhisme engagé. Ces pratiques suscitent parfois une certaine gêne dans les auditoires bouddhistes. Deux arguments reviennent de façon récurrente qui, de mon point de vue, signent une difficulté à penser les métamorphoses nécessaires. Le premier : Prendre soin du monde (l’engagement) n’est pas une réponse appropriée, il suffirait de méditer pour que tous les changements adviennent. Le second : la pratique du dharma n’a rien à voir avec l’engagement.

L’argument de la méditation qui sauverait le monde a parfois les accents de la pensée magique ; en tout cas, il relève d’une incompréhension des mécanismes de la fabrication des violences actuelles. Cette incompréhension est naturelle. Dans sa fuite en avant, le système marchand secrète une violence destructive, mais en même temps il a besoin de produire les conditions d’ignorance des mécanismes en jeu et/ou de juguler les pensées alternatives. Je suis frappé comme nombre de personnes que je rencontre, plutôt des méditants d’ailleurs, témoignent de plus en plus spontanément d’une réelle souffrance au travail. Leur vie est saturée de souffrance. Ils peinent. Le système, lui, ne médite pas, pas plus que Monsanto ou d’autres entreprises qui endommagent la Terre et tous les êtres qui vivent. Dans leur vision totalitaire, la méditation est maintenant utilisée comme un nouvel outil de protection au service de la violence des systèmes. Ils disent : ce n’est pas nous le problème, c’est vous le problème, si vous étiez plus adaptatif, tout irait bien. Je le crois, nos réponses doivent être autrement lucides et engagées, tout en puisant dans la non-violence et la bienveillance. Bienveillance et engagement ne sont pas contradictoires, bien au contraire.

Le second argument mérite une réelle attention puisqu’il touche à la signification même du dharma. De nombreux bouddhistes envisagent les enseignements du Bouddha comme un système dogmatique, où ma souffrance s’expliquerait par mes réincarnations passées. Tout se passe dans ma tête et l’extériorité n’est que la manifestation de mes névroses intérieures. Effectivement, dans ce cas, un engagement dans mon environnement ne ferait pas beaucoup sens. À l’inverse, d'autres envisagent le dharma comme un dispositif de changement dont les principes directeurs sont l’amour et la compassion (alléger la souffrance et relever les causes de la souffrance) ; m’engageant dans le monde, je me métamorphose et il se métamorphose. Ces deux visions ont toujours coexisté dans le bouddhisme et son histoire est aussi le fruit de cette tension. Vous l’aviez compris, j’ai déjà fait mon choix.

Cuisiner, manger, s'éveiller Version imprimable

L'application de la justice restaurative en France Version imprimable

Cher.e.s ami.e.s,

Certains d’entre vous le savent, je suis membre de la Plateforme Française pour la Justice Restaurative créée en 2013 afin de promouvoir la justice restaurative en France. La Plateforme réunit des professionnels de justice, des aumôniers en milieu carcéral, des criminologues, des juristes, des spécialistes de l’aide aux victimes et des chercheurs.

Mon récent article
consacré à la circulaire ministérielle du 15 mars 2017 relative à la mise en œuvre de la justice restaurative est désormais en ligne sur le site de l'Institut Français pour la Justice Restaurative (cliquez sur le lien). Il a également été relayé par l'European Forum of Restorative Justice. L'article, qui analyse et discute la circulaire ministérielle, s’adresse plutôt à des personnes qui ont déjà une bonne connaissance des enjeux de la justice restaurative : les professionnels de justice (magistrats, conseillers pénitentiaires d'insertion et probation, etc.), les chercheurs et bien sûr les "restauratifs". 

Vous pouvez le
télécharger au format pdf.
Il peut être librement diffusé (licence Creative Commons). Toute remarque sera la bienvenue.


Mots-clés :

8 avril 2017, une vidéo rétrospective Version imprimable

Le 8 avril 2017, la journée de pratique et de partage «Le bouddhisme en action» offerte à Paris marquait la naissance officielle du réseau BASE, un réseau informel de bouddhistes engagés, ainsi que la fondation de la communauté Les Mille Mains qui réunit en son sein des étudiants de la Voie du Bouddha qui œuvrent au quotidien à travers cinq engagements. Le 8 avril est au Japon le jour de la célébration de la naissance du Bouddha, le jour également des enfants et de la fête des fleurs.

Quatre-vingts personnes participaient à cette journée fondatrice qui s’est déroulée au Forum104, un espace de rencontre culturel et interspirituel au cœur de Paris. Plusieurs intervenants s’étaient également joints pour partager leurs expériences : le pasteur Brice Deymié, aumônier national des prisons pour la Fédération Protestante de France ainsi que Michel Dubois, enseignant dans la tradition zen, aumônier en milieu carcéral. La journée était co-animée par Jocelyn Mayaud et Éric Rommeluère, enseignant dans la tradition zen.

Dans cette vidéo, vous retrouverez quelques temps forts de cette journée avec des explications de Jocelyn Mayaud et d’Éric Rommeluère.

Plus d'informations : www.bouddhisme-action.net