S'identifier - Contact

J'ai deux kôans à vous dire...
Le blog zen d'Éric Rommeluère

Lundi 18 Février 2008

Elle s'appelle Sabine

Sandrine Bonnaire filme Sabine Bonnaire. Sabine Bonnaire dit à Sandrine Bonnaire : "T’es pas une salope, t'es ma sœur. T’es pas une pute, t'es ma sœur."

Elle s’appelle Sabine est un film sobre que Sandrine Bonnaire consacre à sa jeune sœur autiste et psychotique aujourd'hui âgée de 38 ans. Depuis quelques années, celle-ci vit dans une maison d’accueil en Charente après un séjour de cinq ans en hôpital psychiatrique. Sandrine Bonnaire tient la caméra et reste silencieuse. Lorsque elle-même interagit avec les personnes qui sont dans le champ de la caméra, les interroge, son ton reste posé, monocorde. C’est à peine si elle consent à apparaître devant la caméra, presque à son corps défendant. Par un dispositif qui sait laisser à distance un amour que l’on pressent total et peut-être fusionnel, le spectateur est convoqué à l’étrangeté et au je-ne-sais-quoi de l’être fou. Car Sabine sait bien qu’elle est Sabine et que sa sœur est bien Sandrine. Et pourtant lorsqu’elle dit "T’es pas une salope, t'es ma sœur. T’es pas une pute, t'es ma sœur", nous ne savons pas ce qu’elle dit, sidérés par le visage de la folie.

Les images s’entrechoquent. Celles, tournées il y a une vingtaine ou une dizaine d’années, d’une adolescente et d’une jeune femme belle aux cheveux longs qui ressemble tant à Sandrine Bonnaire, certes un peu différente, mais qui sait parler, bouger, rire et jouer du piano. Et puis aujourd’hui, celles d’une femme grosse, hébétée, aux gestes malhabiles qui bave et qui tremble. Avec au cœur, une question irrésolue : que s’est-il passé, alors que Sabine a longuement séjourné en hôpital psychiatrique, censé la soigner ou du moins juguler la maladie ? Le film n’est pourtant pas un réquisitoire contre l’institution psychiatrique, simplement la mise en image d’un désarroi devant la dégradation et l’effondrement intérieur d’un être humain. Sandrine Bonnaire cherche des réponses, elle interviewe un thérapeute, la mère d’un jeune homme, infirme moteur cérébral qui vit dans aujourd’hui dans la même institution que Sabine. Même si le thérapeute adopte la posture de celui qui sait, l’un et l’autre témoignent au fond de leur propre désarroi devant cet autre toujours si proche et toujours si lointain.

La bande-annonce de Elle s'appelle Sabine, un beau documentaire de Sandrine Bonnaire (actuellement en salles) :

Éric Rommeluère - 08:00 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Dimanche 16 Décembre 2007

Recherche traducteur anglais-français

Je mets en ligne deux textes de réflexion en anglais au format pdf que je voudrais proposer dans une traduction française dans la section Orient-Occident du site Un Zen Occidental. Si l’un d’entre vous se sent le courage de les traduire qu’il me fasse signe. Ils sont fort intéressants mais également fort longs.

Le premier, « The nature of Lack » est formé d’extraits du prochain livre de David Loy, Money, Sex, War, Karma: Notes for a Buddhist Revolution (« L’argent, le sexe, la guerre et le karma : Remarques pour une révolution bouddhiste ») à paraître d’ici quelques mois. David Loy questionne le monde hypermoderne du point de vue du bouddhisme et de la philosophie existentielle. Nous avons déjà publié sur le site Un Zen Occidental plusieurs de ses articles. Les lecteurs qui les ont déjà lu ne seront pas surpris par ces considérations qu’il développe depuis de longues années. Ici, sa plume s’affine et devient synthétique. À lire absolument. 45 pages. Reproduit avec l'aimable autorisation de David Loy. The nature of Lack : Télécharger le fichier au format pdf.

Le second, The Zen Master in America: Dressing the Donkey With Bells and Scarves, est un article de Stuart Lachs consacré, dans le droit fil de ses travaux antérieurs, à l’idéalisation du maître zen dans le contexte américain. Lachs est un chercheur indépendant et un pratiquant du zen depuis une quarantaine d’années. L’article a fait l’objet d’une communication en 2006 au séminaire annuel sur le bouddhisme zen de l’American Academy of Religion. 40 pages.
Reproduit avec l'aimable autorisation de Stuart Lachs. The Zen Master in America : Télécharger le fichier pdf.

Les mains jointes.

Éric Rommeluère - 22:15 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 2 commentaires

Dimanche 04 Novembre 2007

Quelques nouvelles

Quelques lecteurs s'inquiétaient de ce nouveau silence. En fait, d'une manière impromptue (c'est souvent le cas d'ailleurs), j'ai dû rester quelques jours à l'hôpital. Je vous rassure, rien que du bénin.

Roberto, habitué du site, a été le premier à découvrir que la plus haute statue du Bouddha construite au monde se trouvait à Ushiku, au nord de Tôkyô (voir le dernier billet). Les salles qui sont construites dans la tête et la gorge du Bouddha sont d’un kitsch à pleurer...
La statue par Google Maps : http://www.geo-trotter.com/asie/map-japon-statue-bouddha.php

Je reprendrais le cours de ce blog d’ici peu. Restez donc vigilant. En attendant, je vous laisse écouter Nick Cave, le plus déjanté / le plus bouddhiste (au choix) des chanteurs australiens. Comme aurait dit Jean Lefebvre, dans Les tontons flingueurs, « Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pop’, y'a aut'chose… »




Nick Cave, "Into my arms", Sur l'album The Boatman's call, 1997.

Eric - 23:20 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 2 commentaires

Mercredi 04 Juillet 2007

Zen Master George Jr.

Objet trouvé sur le net, apparemment inspiré de l'article de J. Clifford Cook, Le Zen de W. Cliquez sur la vignette pour lire les bulles...


Eric - 10:00 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Lundi 25 Juin 2007

La recette du kimchi

La seconde randonnée annuelle de notre association s'est déroulée hier : quelques heures de marche dans les Yvelines, le long de la vallée de la Mauldre, pour atteindre la belle demeure de Jean-Paul et d'Anne Ribes qui incarnent à mes yeux, par leur générosité et leur souci d'autrui, ce qu'est un bouddhisme vivant et vivifiant. Jean-Paul est l'un des animateurs du Comité de Soutien au Peuple Tibétain, Anne travaille avec des enfants autistes dans le cadre de l'association Belles Plantes. Ils accomplissent un formidable travail avec force et simplicité.

Comme prévu, quelques bonnes surprises étaient au rendez-vous. Plusieurs personnes intriguées par le kimchi, un plat traditionnel coréen, préparé par Jean-Paul ont souhaité avoir la recette de ce plat. La voici :

Couper en quatre deux gros choux chinois (petsaï), après avoir ôté la partie la plus dure du trognon, et les mettre à tremper une nuit dans de l'eau fortement salée. Piler deux cuillères à soupe de graines de sésame grillées avec une tête d'ail et une demie cuillère de sucre cristal. Mouiller la pâte ainsi constituée avec une petite tasse de saumure de poisson (nuoc mam), y ajouter une racine de gingembre rapée puis une tasse (plus ou moins selon les goûts) de poudre de piment rouge coréen (kotchoukarou). Râper une grosse rave blanche et couper en petits tronçons trois ou quatre jeunes poireaux ou cives chinois. On peut aussi couper en fines rondelles deux ou trois oignons verts ou de la ciboulette. Mélanger le tout dans une bassine. Rincer soigneusement les choux, les égoutter et les farcir avec la pâte préalablement préparée. On peut aussi séparer les feuilles et les placer une à une dans une jarre de grès en intercalant feuilles et pâte pimentée. Bien les presser et les garder sous presse à l'intérieur de la jarre avec un poids. Se laver les mains, couvrir et garder le tout dans un endroit frais (15°) pendant quatre ou cinq jours. Dès que le choux commence à fermenter, placer le kimchi dans un endroit plus frais, cave ou bas du réfrigérateur, en l'enveloppant soigneusement.
On peut commencer à consommer au bout de quarante-huit heures ou de trois jours, sachant que le kimchi devient de plus en plus fort avec le temps. A la fin, il risque de s'aigrir un peu, on le fera griller et il servira de base à un délicieux ragoût, qui peut être végétarien. La consommation régulière de kimchi, avec du riz de préférence, est très tonifiante et en hiver elle prévient ou guérit des rhumes passagers!

Vous pouvez joindre Anne ou Jean-Ribes via leurs associations.

Anne Ribes

Photographie : Anne Ribes (© Carole Desheulles).

Eric - 10:00 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 2 commentaires

Mardi 19 Juin 2007

A propos de Chögyam Trungpa

Une interview de Fabrice Midal à propos de Chögyam Trungpa (1939-1987), enseignant bouddhiste :



Le 4 avril 2007 cela fait vingt ans que Chögyam Trungpa a quitté ce monde. Le plus frappant peut-être est l’incertitude qui règne quant à son héritage. Qu’en reste-t-il ? Reste-t-il quelque chose même. N’a-t-il pas été oublié ? Lorsqu’il est évoqué c’est souvent de manière si caricaturale, si convenue que les paroles alors prononcées ne font que l’ensevelir encore plus radicalement.

Qu’est-ce qui est perdu de l’enseignement de Chögyam Trungpa ?

1. Que la beauté est l’espace même où le dharma peut irradier. La splendeur de sa vision s’est manifestée par son engagement dans l’art. Ce n’était peut-être pas en raison d’un goût particulier, une simple prédisposition heureuse mais une réponse extraordinaire à la vérité de notre temps. Car au nom de l’efficacité à tout prix, du rendement acharné on est en train de renforcer « the early morning depression » du monde, de sacrifier toute entente de la beauté et de la nécessité d’aller à la découverte de l’élégance. Chögyam Trungpa, à plusieurs reprises, a cherché à faire des films. Le principal qu’il a pu réaliser ne porte pas sur un point de doctrine, sur un rituel bouddhique, mais sur la manière de faire jaillir l’élégance dans notre vie. Comment mieux témoigner que là résidait l’un des enjeux essentiel de son enseignement ? Notre temps est marqué par la haine de la poésie. Et c’est ce que savait Chögyam Trungpa. La provocation de son enseignement réside d’abord dans son engagement pour nous la faire entendre — non comme un supplément d’âme accessoire mais comme l’espace même de l’existence. La poésie ne consiste pas à s’exprimer, à donner droit enfin à notre égocentrisme, à le vomir mais à s’ancrer dans la tradition la plus saine de notre propre pays. Chögyam Trungpa n’est pas tant l’artiste d’une œuvre particulière que celui qui nous apprend à devenir l’artiste de chaque moment de notre existence, à donner à l’art sa vraie place, c'est-à-dire toute la place. Car la poésie ne doit pas être faite pas quelques-uns, mais par tous — selon la parole de Lautréamont.

2. Que la pratique de la méditation ne peut avoir aucun but sans se nier elle-même. Présenter la pratique de la méditation pour diminuer le stress, être plus calme, un meilleur amant et un employé plus efficace n’a rien à voir avec l’invitation révolutionnaire qui fut celle du Bouddha et que Chögyam Trungpa a transmis à l’Occident. Règne à présent le matérialisme spirituel sous une forme bien plus écœurante que celle que dénonça en son temps Chögyam Trungpa. Le bouddhisme n’est plus qu’une sorte de tisane. Bien rares sont ceux qui osent présenter la pratique de la méditation comme cet espace de gratuité entière où apprendre à habiter authentiquement dans la nudité du cœur ouvert.

3. Que la liberté est le cœur du chemin spirituel.
Les centres de méditation deviennent bien souvent des lieux d’endoctrinement où l’on est sommé d’appartenir à un groupe, à un Parti. Par un étrange et pervers retournement, l’enseignement sur la nécessité d’un maître spirituel, si central pour Chögyam Trungpa est alors manipulé. On s’en sert pour contraindre l’intelligence. Comme si le rapport au maître était de l’ordre social, une obligation et non un geste d’amour, d’un amour fou, absolu, entier qui repose d’abord sur le sentiment indéfectible d’être aimé soi-même par le maître sans aucune question possible, d’une manière qui dépasse tout ce qui est concevable, d’un amour qui nous ouvre le monde à neuf, poétiquement accompli.

4. Que le dharma est toujours une provocation. On ne peut pas lire un livre de Chögyam Trungpa, le voir en vidéo, pratiquer en suivant à la lettre ses instructions sans être, à un moment ou à un autre, effrayé, en un état de panique. On ne peut plus être à l’abri. Le dharma nous dénude au point le plus douloureux de notre propre hypocrisie. De notre mensonge. On se rend compte, à cette expérience, que finalement ce n’est pas la vie de Chögyam Trungpa, son rapport à l’alcool, au sexe ou à la dimension militaire qui choque tant mais sa fidélité au dharma. Toutes évocations de l’œuvre de Chögyam Trungpa qui prétend faire l’économie de cet état est une imposture. Toute présentation conventionnelle du dharma tue le dharma. Parce que le Dharma n’est pas conventionnel. Or, aujourd’hui le dharma est présenté comme une manière d’être un peu plus confortable dans sa vie, quitte à ce que ce soit en abandonnant tout pour sa croissance politique.

Chögyam Trungpa n’a pas vécu la solitude intense qui fut la sienne en Angleterre, n’a pas renoncé à tout, n’a pas tout sacrifié pour simplement permettre de lubrifier un peu mieux le samsara. Puisse la lame de son ardeur ne jamais être émoussé ! Puisse sa démesure, son impitoyable intransigeance, son amour réel et profond — et parfois même joyeusement terrifiant — ne pas cesser de venir nous hanter !

Fabrice Midal avec une vidéo de Buddhachannel.tv.

Eric - 10:00 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 1 commentaire

Lundi 04 Juin 2007

Panne

Lundi 9 h 30 : Le site Un Zen Occidental est inaccessible depuis dimanche, 1 h du matin. L'hébergeur fait état d'une "panne majeure" sans plus d'explications. Cette panne n'affecte pas l'envoi et la réception des courriers électroniques qui transitent par un autre serveur de l'hébergeur. Vous pouvez donc continuer à m'écrire.

Lundi 14 h : Effectivement, la panne est majeure. Amen.fr, l'hébergeur (l'un des plus importants en Europe), a installé un numéro vert car la plupart de ses clients sont concernés. Cela devrait encore durer un moment, voire peut-être jusqu'à demain ou après-demain, Ryôkan sourit.

Mardi 9 h 30 : Amen.fr ne répond plus, les clients affichent leur mécontentement sur les forums, Ryôkan sourit.

Mardi 23 h : le site est revenu en ligne à 18 h 52 (du moins, il paraît!), 65 heures d'arrêt de service pour des milliers de sites, c'est du jamais vu de mémoire d'hébergeur, Amen respire, les webmestres vont pouvoir dormir, Ryôkan sourit.




Oui, c'est une statue de Ryôkan!

Eric - 09:32 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 1 commentaire

Mercredi 14 Mars 2007

Maha Ghosananda

Une journaliste de Radio France Internationale m'appelle et m'apprend la mort de Maha Ghosananda qui s'est éteint lundi 12 mars aux Etats-Unis. Elle voulait que je lui parle de l'implication de Maha Ghosananda dans le mouvement des bouddhistes engagés.



Voilà un article que j'avais publié en septembre 1998 sur celui que la presse avait surnommé "le Gandhi du Cambodge" :

A l'occasion des élections législatives cambodgiennes du 26 juillet dernier, une grande marche pacifique d'une semaine a été conduite par le vénérable Maha Ghosananda, l'un des bouddhistes les plus actifs et les plus respectés dans son pays. Celui qu'on surnomme "le Gandhi du Cambodge", n'en est pas à son coup d'essai. Les dhammayietra, les "marches de la vérité" qu'il organise depuis 1992 malgré les difficultés, les oppositions et parfois les événéments tragiques (des participants furent abattus en 1995) sont devenus au fil des années des événements nationaux. L'année dernière, l'une de ces marches avait pu rejoindre pour la première fois Pailin, le bastion des anciens Khmers Rouges. Là, elle fut accueillie par Ieng Sary, l'ancien ministre et le beau-frère de Pol Pot, pourtant responsable de la mort de plusieurs milliers de moines cambodgiens pendant les années de terreur. Maha Ghosananda, dont toute la famille fut assassinée par les Khmers Rouges, entend par de telles actions prôner la réconciliation nationale. Dans un pays où les ressentiments restent tenaces et les violences quotidiennes, ces marches pour la paix ne sont pas simplement symboliques : les marcheurs de la vérité savent qu'ils peuvent effectivement risquer leur vie. Avant de partir, les organisateurs leur font signer un engagement dans lequel ils déclarent reconnaître que "leur participation à cet événement peut faire courir des risques à leur intégrité physique." Ils doivent également participer à un programme préparatoire avant de se joindre aux dhammayietra. Non seulement ils doivent connaître la doctrine bouddhiste et les principes qui guident Maha Ghosananda mais ils doivent aussi savoir réagir en cas de difficulté ou d'agression. Un véritable entraînement, avec mise en situations est organisé afin que les participants puissent adopter attitude strictement non-conflictuelle, non-partisane et non-violente.

Interviewé lors d'une de ces marches, le vénérable Maha Ghosananda avait ainsi justifié son action : "Voici l'heure de la paix, voici l'heure où nous pouvons résoudre tous nos problèmes par la non-violence. Chaque pas est une prière, chaque pas est une méditation, chaque pas construit un pont. Avec les bâtisseurs de la paix de toutes confessions, nous construisons chaque jour la paix car nous savons que bâtir la paix demande un effort continuel. Il n'a pas de début et n'aura pas de fin. Nous continuerons à prier, marcher et agir pour la paix. Et nous marcherons jusqu'à ce que le Cambodge soit apaisé."

Cette fois-ci, Maha Ghosananda a conduit du 18 au 24 juillet quelques deux mille cinq cent moines, laïcs et activistes du monastère de Wat Piem Mongkulborei jusqu'à Pnom Penh. Un parcours de 80 kilomètres le long des routes des provinces de Takeo et de Kandal. Et c'est dans une ambiance survoltée, la veille du scrutin, que le vénérable a délivré son message de paix et de respect mutuel aux habitants de la capitale.

Les élections législatives du 26 juillet dernier étaient les premières depuis celles organisées voici cinq ans sous l'égide des Nations-Unies. Comme on pouvait s'y attendre, la campagne a été marquée par des tensions entre les partisans des trois principales formations politiques, le Parti du Peuple Cambodgien d'Hun Sen (les ex-communistes au pouvoir) et les deux partis d'opposition, le Funcinpec, le parti du Prince Norodom Ranariddh (royalistes) et le Parti de Sam Raimsy, l'ancien ministre des Finances (démocrates libéraux). Quelques attentats ont même été signalés et un attaque des Khmers Rouges a ensanglanté un bureau de vote dans le nord du Pays. Les élections ont été remportées par le parti des anciens communistes avec 41,4 % des voix. La situation reste politiquement instable, le Parti du Peuple ne bénéficiant pas d'un nombre suffisant de sièges pour gouverner seul. Alors qu'Hun Sen a appellé le Funcinpec à former une coalition gouvernementale, les deux partis d'opposition n'ont toujours pas défini leur position. Le royaume du Cambodge n'en finit pas de panser ses blessures et il fort à parier que Maha Ghosananda, déjà nominé plusieurs fois pour le Prix Nobel de la Paix, marchera encore longtemps.

Eric - 12:09 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 1 commentaire

Mardi 06 Mars 2007

Made in Japan

Mon amie Agnès revient du Japon. Elle a eu le temps de visiter Nishijima rôshi, de méditer avec lui et même de le photographier. Il a l'air en pleine forme, ce qui me ravit (cliquez sur les vignettes).





Eric - 10:00 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 0 commentaires

Mardi 02 Janvier 2007

Le grand silence

Le grand silence, un film de Philip Grönig


Ce grand silence est celui des Chartreux que le réalisateur allemand Philip Grönig a tenté de saisir dans un documentaire quasi muet de deux heures trois-quart. Trop long, trop lent, le film malheureusement (me) déçoit. Bien que le réalisateur ait partagé six mois durant la vie des contemplatifs de la Grande Chartreuse près de Grenoble, celui-ci peine à sonder l’intériorité de ces hommes, laissant le spectateur toujours trop à distance.

Les Chartreux puisent dans une vie de solitude. S’ils vivent en communauté, ils demeurent la plus grande partie du temps dans leur cellule, en fait un pavillon à étage entouré d’un jardinet, priant seul, mangeant seul (on leur apporte leur nourriture), étudiant seul, travaillant seul. Les Chartreux ne font pas vœu de silence à proprement parler, mais ils se taisent la plus grande partie du temps ne communiquant que par des billets échangés entre eux.

Le monastère avait imposé à Philip Grönig un cahier des charges précis, il devait entrer seul au monastère, ne pas utiliser de lumière artificielle, et dans le montage final ne pas ajouter de musique ni de commentaires. Le film était un défi mais ces contraintes, et surtout ce silence que s’imposent ces moines, étaient-ils si puissants qu’ils empêchent d’illuminer la pellicule de cette folie mystique, si précieuse aujourd’hui ? Cette folie scintille ici que trop peu.

Alors que la vie des moines s’articule sur un strict emploi du temps, le réalisateur choisit une narration déstructurée qui ne permet guère de comprendre l’enchaînement des heures. Les Chartreux ne dorment jamais, par exemple, une nuit entière, ils se lèvent à 23 heures 30 pour une prière solitaire puis se réunissent à minuit trente dans l’église pour les matines et les laudes, pour deux à trois heures de prières communes. Si de longs moments sont consacrés à ces prières, parfois à la simple lueur d’une bougie, rien ne permet ici de comprendre où se situe ce moment essentiel de leur vie. Sans ajout aux images brutes, on peine à comprendre le quotidien et l’organisation de la communauté, la séparation par exemple entre les pères qui s’adonnent exclusivement à la prière et les frères en charge des tâches matérielles (la cuisine notamment).

Pour tenter de saisir l’intériorité si impalpable, les plans s’attardent sur un bénitier ou sur la nature changeante. Mais les moines eux ne contemplent ni le bénitier ni la nature. S’ils vivent dans un autre temps, est-ce nécessairement un temps ralenti ? Cet environnement n’est là que pour servir une autre contemplation, l’écoute vibrante de Dieu. Hélas, le film s’étire doucement dans la lenteur jusqu’à l’ennui, ne permettant guère d’entendre pleinement ce Grand Silence.

En salles depuis le 20 décembre 2006. La bande-annonce du film.

Eric - 10:00 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 1 commentaire

Mercredi 04 Octobre 2006

La galerie Métanoïa ouvre ses portes


Itinérant, notre groupe de méditation s'assoit cette année le mardi et le mercredi dans les locaux de la galerie Métanoïa. Cette nouvelle galerie située au 56 rue Quincampoix 75004 Paris se spécialise dans l'iconographie religieuse et les spiritualités.

A l'occasion de son ouverture, elle expose du 13 octobre au 11 novembre des mandalas réalisés par Jacques Brosse. N'hésitez pas à y faire un tour.

Eric - 17:33 - rubrique Divers - Version imprimable - Permalien - 1 commentaire

Articles suivants

En bref...

J'ai 47 ans, je vis à Paris où j'enseigne la voie du zen. Le reste à découvrir ici ou ailleurs...
Pour me joindre :
eric[@]zen-occidental.net

Pour en savoir plus sur les méditations et les retraites :
Un Zen Occidental, 55 rue de l'Abbé Carton 75014 Paris.
Tél. : 01 40 44 53 94.
info[@]zen-occidental.net



Aux Editions du Seuil (2007)
(cliquez sur la vignette) :





Pour s'abonner aux podcasts du blog et les écouter sur votre ordinateur avec iTunes, un clic suffit... sur l'icône.



Pour soutenir l'Association Un Zen Occidental, cliquez sur l'icône (paiement sécurisé PayPal). D'autres formes de soutien ? Des explications ici.



Février 2008
LunMarMerJeuVenSamDim
    123
45678910
11121314151617
18192021222324
2526272829  

Archives