Dans les traditions bouddhistes japonaises, il existe toujours une part des enseignements qui ne peut être dite que dans le cadre d’une transmission directe de personne à personne. Ils ne sont généralement pas mentionnés dans les textes ou, s’ils le sont, ce n’est que de manière allusive ou incomplète. On parle d’instructions secrètes (kuden, lit. «transmission orale», kuketsu, lit. «enseignement oral» ou encore menju kuketsu, «enseignement oral face à face»). À l’époque médiévale, seuls les disciples autorisés pouvaient entrer dans la chambre de leur maître et recevoir en privé ces instructions secrètes. Dans les écoles zen, elles portaient généralement sur les kōan, les rituels ou encore sur des instructions particulières.

À l’époque Tokugawa (XVIIe-XVIIIe siècle), le pouvoir shogunal imposa que les différentes lignées issues du maître zen Dōgen se reconnaissent dans une même école sōtō (à l’époque, on disait plutôt tōjō) avec une hiérarchie et des règles communes, ce qui n’était pas le cas jusqu’alors. Les rituels, les enseignements propres à chaque lignée disparurent progressivement. De nos jours, des instructions secrètes sont encore données, mais uniquement lors du rituel de la transmission du dharma (denpō shitsunai, lit. «la transmission du dharma à l’intérieur de la chambre»). Il s’agit d’une cérémonie secrète qui se déroule dans la chambre fermée du maître. Celui-ci reconnaît formellement son disciple comme son héritier. À cette occasion, le maître transmet trois livres et trois documents secrets.

Dans la tradition du kesa nyohōe, du moins dans la lignée du maître zen Kōdō Sawaki, on enseigne deux instructions secrètes (kuden). L’une porte sur la manière de faire le nœud d’attache extérieure, l’autre sur le positionnement des interbandes. Intentionnellement, les explications écrites sont allusives ou absconses de sorte que des explications orales s’avèrent toujours nécessaires.

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