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J'ai deux kôans à vous dire...
Le blog zen d'Éric Rommeluère

Le retour

Retour sur Paris. Dans le train, j’ai pu lire le très bel ouvrage du philosophe Henri Maldiney, Penser l’homme et la folie, qui vient d’être réédité par son éditeur Jérôme Millon. Bon, le livre n’est pas des plus simples à lire, mais il est passionnant. Il s’agit d’un recueil d’articles paru pour la première fois en 1991 où Maldiney tente de penser phénoménologiquement la folie. Je pourrais résumer sa thèse en la simplifiant : ceux qu'on appelle les "fous" ne sont pas à même de vivre une dimension d’ouverture naturelle au présent. La compréhension de la présence, à soi, au monde, à l’autre, est au cœur de l’ouvrage.

Un extrait :
"Supposez que vous attendiez à la gare ou à l’aéroport un être qui vous est cher. Attendre quelqu’un est-ce s’attendre à son arrivée ? Les mots répondent d’eux-mêmes. S’attendre à un événement c’est s’attendre soi-même, à cet événement, comme à un rendez-vous qu’on se donne avec soi. Quand l’événement se produira, vous serez en présence d’un futur passé. Or si celui ou celle, si la personne que vous attendez répond à cette attente, vous êtes déçus. Il vous manque la surprise qui excède toute prise et qui est la marque de la réalité. Le réel est ce qu’on n’attendait pas, qu’on ne peut pas attendre, et qui, sitôt paru, est depuis toujours là."
Henri Maldiney, Penser l’homme et la folie, Editions Jérôme Millon, 2007, p. 257.


Eric le 13.04.07 à 10:00 dans Bouquins - Version imprimable
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Commentaires

"L'une des traductions de Lacan du fameux " wo es war, soll ich werden " est: " Là où c'était, j'anticipe le réel ". De son côté, Maldiney écrit que le réel est toujours ce que nous n'attendions pas, son indice universel est son imprévisibilité singulière. Comme que vous prépariez le voyage, très minutieusement ou sur un coup de tête, et c'est valable pour le voyage analytique - à condition que le médium recueille et élève - la touche de la sensation est toujours autre chose : c'est ce que vous n'aviez pas prévu. Pensez au rire de l'enfant au jeu de porter-lacher, c'est dans le geste lui-même de la chute et de l'élan que se recueille quelque chose pour faire sens. Ce qui se recueille reste hors sens, même si le sens est le résultat de l'opération. Et ce que vous n'aviez pas prévu : c'est ce qui vous est donné, un pur don d'une pure différence."
dans : http://www.freud-lacan.com/articles/article.php?url_article=pdemougeot200795



serge-r - 16.04.07 à 23:20 - # -

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