La poésie est en exil
La poésie est en exil, à la périphérie de nous-mêmes, alors qu’elle devrait habiter notre cœur. Qui s’en soucie désormais ? Les poètes sont pourtant les éclaireurs de l’éveil. Ils nous apprennent que nous ne pourrons jamais nous défaire de la mort, de la vieillesse et de la maladie, et que notre tâche d’être humain consiste plutôt à rendre lumineuses la maladie, la vieillesse et la mort ; qu’il nous faut éprouver la liberté, non pas en-dehors ou contre nos maladies mais avec elles, en elles. Les poètes sont à l’avant-garde de l’humain. Qui, aujourd’hui, sait les entendre ?
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Eric
le 27.10.06 à 10:00
dans Qu'est-ce que le zen ?
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Commentaires
poésie
Il me semble, que la poésie n'est pas en exil, elle est cachée, enfouie voire... étouffée au fond de nous. Elle est endormie, en hibernation. Il suffit dès lors de la réveiller en douceur, tout comme nous-mêmes en fait. Non ? Ne sommes-nous pas tous des poètes endormis ?
Mes respects Sensei
Marianne
sutra - 29.10.06 à 17:17 - # -
← Re: poésie
Chère Marianne,
Endormis certes, mais ô combien endormis!
Un apparté : Le terme de sensei ("maître" en japonais) témoigne de votre respect et je vous en remercie, mais préférez simplement m'appeler par mon prénom, comme tout un chacun dans notre association. Je ne suis pas trop porté sur les titres.
Bien à vous, Eric Rommeluère
eric - 29.10.06 à 19:29 - # -
Eric...
Ahhhh les mots et leurs sens, j'ai connu un Sensei lorsque je pratiquais les arts martiaux, il y a de cela bien longtemps maintenant, ce "titre" n'est rien d'autre à mes yeux que le titre d'un enseignant qui est doté plus que d'autres de subtilités, d'une manière de voir les choses "juste" et d'une manière de les dire. Je ne l'appelais jamais Sensei parce qu'il ne le voulait pas, mais dans mes pensées, il était le Sensei, celui que je respectais énormément, mais c'est surtout celui qui m'a apprit le sens de la vie et de ce qui va au-delà, c'est celui qui m'a fait découvrir très discrètement un autre Sensei... Deshimaru, je ne vois pas ce mot comme le mot "Maître", mais comme l'enseignant qui accompagne pas à pas ceux de l'élève en respectant la liberté de celui-ci, tout simplement. Bien sûr, les choses ne sont pas toujours faciles, sinon, il y aurait si peu à apprendre.
Gassho
Marianne... P.S: très endormie, vous avez raison.
sutra - 30.10.06 à 00:17 - # -
← Re: Eric...
Evidemment dans ce genre de relation, un profond respect et une écoute mutuels sont nécessaires. Mais j’ai vu aussi des enseignants imposer à leurs étudiants de les appeler d’un titre pompeux. Une distance se crée, on ne les voit plus alors, on ne voit que leurs propres représentations valorisées d’eux-mêmes. Un enseignant ne doit-il pas d’abord abattre les jolis paravents ?
Bonne journée, Eric Rommeluère
eric - 30.10.06 à 09:17 - # -
Poésie
Qu’est-ce que la poésie ?
une eau rare
lorsque la soif
étrangle
et que le cri
s’inscrit
comme un poignard
entre les omoplate ?
une course éperdue
et sans retour
à travers les friches
de l’enfance éblouie
par la beauté
d’avant les mots ?
Qu’est-ce que la poésie ?
l’expression d’une extase
d’où notre existence
s’arrache à l’angoisse
que suscite
l’inacceptable
et si proche présence
de la mort ?
un défi déclaré ?
une révolte passionnée
pour découvrir un sens
à ce qui devrait couler de source ?
un aveu d’amour
ou un acte de résistance ultime ?
un chemin d’écritures
qui se crée
au plus secret
de la blessure ?
une signature du sang ?
une flèche de feu ?
une rêverie du vent ?
Qu’est-ce que la poésie ?
l’appel d’une conscience
inassouvie
qui envahit la chair
jusqu’à ce que l’infini
déchire la nuit ?
un creuset de vérités
où brûlent des pierres précieuses ?
André
jiguen - 30.10.06 à 17:54 - # -
La poésie est en exil parcequ'elle ne laisse pas de trace, elle se murmure au creux d'une oreille ou d'un coeur, elle n'adhère à rien et peut juste se comparer à trois gouttes d'eau qui d'un immense glacier vient enfin se "perdre" sur une paume de main ....ou sur des paupières ...trois larmes, trois perles, trois joyaux ?
Bernard
bernard-c - 06.11.06 à 17:19 - # -